Exodus

Un milliard de quoi ?
26/04/2010 VENANCE KONAN Publié par LE NOUVEAU REVEIL

Im April letzten Jahres, aber deshalb nicht weniger aktuell. Und sehr wichtig und wahr!

De nombreux internautes ayant réagi à ma dernière chronique sur le choix de s’exiler ou de rester dans nos pays, je me permets de revenir encore une fois sur ce sujet. L’Afrique, nous dit-on, vient d’avoir un milliard d’habitants. Faut-il s’en réjouir ou s’en inquiéter ? Je ne sais pas. Nous serons un milliard de quoi ? Un milliard de personnes dignes ou un milliard de mendiants ? Pour le moment, ceux que ce chiffre chiffonne, si je peux me permettre, ce sont les Européens. Car c’est sur leurs côtes que chaque année des milliers d’Africains viennent s’échouer. Ce sont eux qui ne savent plus quel dispositif prendre pour se protéger de tous ces gueux en quête de pitance ou de liberté qui viennent à l’assaut de leurs pays. Chaque fois qu’un Africain meurt dans le désert ou dans la Méditerranée, il témoigne mieux que tous les discours de l’échec de son pays. Et chaque année, ce sont des centaines de jeunes gens qui meurent dans le désert ou dans la mer, parce qu’ils ont préféré prendre ce risque plutôt que de vivre dans leurs pays qui n’ont plus aucun rêve à leur proposer. Il y a deux ans, je me suis rendu à Kidal, dans le désert malien, sur les traces de ces jeunes gens qui sont refoulés par les pays du nord du continent. Un jeune Togolais rencontré là m’avait dit qu’il n’avait qu’un seul rêve, trouver assez d’argent pour recommencer l’aventure. Et pourtant il venait de me raconter l’enfer que cela avait été pour lui  d’arriver jusqu’en Algérie et de traverser à nouveau le désert en sens inverse. Et il avait dit cette phrase terrible : « je préfère mourir ici plutôt que de retourner dans mon pays. » Connaissant le Togo, pouvais-je le blâmer ? Il ne faut pas se voiler la face : nos pays africains ont dans leur ensemble lamentablement échoué. Et tous les bras valides cherchent à les fuir. L’Afrique du sud qui semblait s’en sortir mieux que les autres a été envahie par les pauvres des autres pays africains, réveillant ainsi les sentiments xénophobes des habitants de ce pays dont plusieurs vivent dans une misère encore plus grande. Les Noirs africains qui vivent dans les pays du nord du continent, qui semblent eux aussi mieux s’en sortir, vivent un racisme des plus cruels, que nos intellectuels ne dénoncent curieusement pas avec autant de vigueur que celui qui sévit en France. On se souvient tous des pogroms organisés en Libye, au moment justement où le dirigeant de ce pays se voulait le chantre le l’Union africaine. Non, on ne peut pas en vouloir à ces jeunes gens d’aller chercher, au péril de leurs vies, un lendemain moins cruel que leur présent. Même si le plus souvent, à destination, le rêve se transforme en cauchemar. Que font-ils ici ? Quelles opportunités leur sont-elles données de participer à la construction de leurs pays ? Qu’offrons-nous comme avenir aux milliers de jeunes gens qui sortent chaque année de nos universités ? Et pourtant, l’Afrique est entièrement à construire. En principe, avec une population d’un milliards de personnes, l’Afrique devrait avoir davantage de bras pour cette oeuvre. Alors ? Le problème est que les élites africaines ont failli. Les élites politiques, les élites intellectuelles. Les politiques qui accèdent au pouvoir n’ont que deux soucis, s’enrichir autant que possible et s’accrocher au pouvoir par tous les moyens. Qu’est ce qui explique que dans un pays comme la Côte d’Ivoire, on forme chaque année des milliers de policiers et gendarmes mais aucun médecin ? S’étonnera-t-on qu’un jeune docteur en médecine, las d’attendre un hypothétique emploi, cherche à tenter l’aventure européenne ? Israël a réussi à faire pousser des tomates en plein désert. Mais qu’est-ce qui intéresse les pays africains dans leur coopération avec Israël ? Les systèmes d’écoutes téléphoniques, les armes, les drones, la sécurité des présidents. Les élites intellectuelles qui devaient être les aiguillons des pouvoirs, elles qui devraient sans cesse rappeler ces pouvoirs à leurs obligations  ont failli de leur côté lorsqu’elles ont choisi de les accompagner dans leurs œuvres de prédation. Qu’avons-nous à offrir aujourd’hui au reste du monde ? Notre capacité de nuisance. Et nous avons décidé d’en faire un moyen de chantage. J’ai entendu une fois Jean Ping, le président de l’inutile commission de l’Union africaine dire dans une interview que si l’Occident n’aide pas l’Afrique, il aura à faire face aux hordes d’immigrants illégaux. Très bien. En cinquante ans d’indépendance, qu’avons-nous fait de toute l’aide qui nous a été apportée ? Une bonne partie est retournée en Europe, dans des comptes bancaires numérotés. Que font nos dirigeants pour leurs pays ? Qu’a fait Bongo des milliards générés par le pétrole, le bois, le manganèse, l’uranium, pour son pays ? Que fait Sassou des milliards que génèrent les ressources de son pays ? On vient de découvrir le scandale de la Banque des Etats d’Afrique Centrale. Des milliards que des dirigeants qui, j’en suis sûr, fustigent à longueur de discours l’égoïsme de l’Occident, ont volé. Que fait Laurent Gbagbo des 60 milliards qu’il s’octroie chaque année sur le budget de l’Etat ? De quel droit parlons-nous de l’égoïsme des pays riches lorsque nos dirigeants sont les premiers prédateurs de leurs propres pays ? L’Afrique est à construire. Nous sommes un milliard désormais à le faire. L’Afrique a tout à nous offrir. En réalité, avec notre milliard d’habitants, notre continent reste encore largement sous-peuplé. Un pays comme la Hollande compte autant d’habitants que la Côte d’Ivoire, pour un territoire dix fois plus petit. Et ils arrivent à se nourrir et même à exporter de la nourriture. Nous ne pouvons pas blâmer nos jeunes frères qui s’en vont. Mais les élites doivent, elles rester, et se battre pour que les choses changent. Afin que nos jeunes frères n’ailent plus se tuer dans le désert ou dans la mer. Et pour que nous ne soyons pas un milliard de mendiants.

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Il est idiot…

Moncef Marzouki (professeur de médicine en exil à Paris, le chef du Congrès pour la République (CPR), un parti d?opposition tunisien)

Il est idiot de vouloir changer le monde
mais criminel de ne pas essayer

(das war aber schon vor einer Woche, bloss im Entwurf fehlte immer die erste Zeile (???) )

Lettre de Patrice Lumumba

http://www.afrik.com/article21747.html

La lettre testament de Patrice Lumumba
Il y a 50 ans le héros national congolais était assassiné
lundi 17 janvier 2011 / par Ali Attar

Il y a 50 ans, le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba, premier dirigeant de la RDC, anciennement Congo Belge, était assassiné par des hommes de l’ancien colonisateur associés à des agents de la CIA. Il aura dirigé son pays moins de six mois mais il reste encore aujourd’hui un héros africain.
Pour rendre hommage à un des plus grands hommes que l’Afrique ait porté l’Afrique, Afrik.com a choisi de vous offrir en lecture un extrait de la dernière lettre écrite par Patrice Émery Lumumba à sa compagne Pauline. Ce texte fort qu’il a rédigé en prison quelques jours avant sa mort est une déclaration d’amour à son pays et un testament politique qui a traversé le temps. Une vidéo suit ce texte, permettant de revoir l’histoire de cet homme qui a marqué le continent et dont le message est aujourd’hui encore d’actualité.

Je sais et je sens au fond de moi-même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.

Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.

Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté.

Vive le Congo ! Vive l’Afrique !

Patrice Lumumba

Tunesien – wie geht es weiter?

Offener Brief zur „Jasminrevolte“, 14.01.2011 (scheint mir so wichtig, dass ich nicht nur den link zum afri-russ-archiv.blog.de einsetzen will, von dem ich diesen Beitrag habe)
vom deutsch-tunesischen Politikwissenschaftler Ghassan Abid
Nach dem Sturz folgt die eigentliche Herausforderung!

Liebe Schwestern und Brüder,
liebe Freunde aus Deutschland, Südafrika und Tunesien,
liebe Leserinnen und Leser von „SÜDAFRIKA – Land der Kontraste“,
liebe Kolleginnen und Kollegen der Blogs und Presse,

in diesen Wochen erlebt Tunesien ein wie noch nie zuvor bekannten Schrei nach Freiheit, Gerechtigkeit und Selbstbestimmung. Die einstigen Brotunruhen von 1984 erweisen sich in Anbetracht der aktuellen Proteste als überhaupt nicht vergleichbar. Die Präsidentschaft von Zine el-Abidine Ben Ali, welche seit 1987 bestand und nun 24 Jahre andauerte, stand längst nicht mehr im Einklang mit dem Willen des tunesischen Volkes. Die Wahlergebnisse von rund 90 Prozent in den Jahren 2009 oder 2004 ließen mehr Verwunderung als Bewunderung gegenüber dem nach Frankreich geflüchteten Staatsoberhaupt aufkommen.
Das tunesische Volk hat nun endlich die Voraussetzungen für seine eigene Zukunft erkämpfen können. Den dritten Präsidenten dieses arabischen Landes muss Tunesien unter Einhaltung der Wahlgrundsätze selbst bestimmen. Jedes geflossene Blut eines jeden Demonstranten, jede Anwendung von Gewalt gegenüber den nach Freiheit strebenden Menschen und jede unterdrückte Meinungsäußerung, haben Tunesien in allererster Linie in die Unabhängigkeit von Ben Ali gebracht. Der 14. Januar 2011 wird als arabisches Gegenstück zum 14. Juli 1789, dem Tag der französischen Revolution, in die Weltgeschichte eingehen.
Nun gilt es den Traum des Volkes – den Ruf nach Demokratie – reibungsfrei über die Bühne zu bringen. Ich spreche zu meinen Mitbürgerinnen und Mitbürgern in Tunesien, meiner Heimat, und plädiere einerseits für den Stopp sämtlicher Proteste. Andererseits fordere ich die tunesische ad interim-Regierung von Mohamed Ghannouchi zum Respekt des tunesischen Volkes auf.

Folgende Kernpunkte erweisen sich für den anstehenden Transformationsprozess als essentiell:
– Keine Übernahme von Ministern und leitenden Regierungsbeamten aus der Ben Ali-Ära in der nächsten Legislaturperiode
– Einsetzung eines „Verständigungsrates“ aus Mitgliedern von Regierung/ Regierungspartei ´Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD)´, Opposition, Gewerkschaften, Medien, NGOs und Wirtschaft
– Stopp aller Geschäftsverbindungen des Staates zum Trabelsi-Clan, einer Mafia ähnlichen Vereinigung der Frau Ben Ali´s
– Zulassung von unabhängigen Wahlbeobachtern hinsichtlich der Einhaltung von Wahlgrundsätzen (allgemein, unmittelbar, frei, gleich und geheim)
– Errichtung eines „Fonds zur Entschädigung der Opfer der Jasminrevolte“
– Auflegen eines politischen Maßnahmepaktes zur Integration von vor allem akademischen Arbeitslosen
– Staatliche Subvention von Lebensmitteln
– Etablierung einer freien Presse und unabhängigen Justiz
– Wahrung einer kritischen Opposition
– Verfassungsänderungen (nachstehend einige wichtige Artikel):
a) Änderung des Artikels 41 der tunesischen Verfassung, wonach nach der Amtszeit des Präsidenten keine Immunität mehr gelten soll
b) Streichung des Artikels 31 der tunesischen Verfassung, damitder Präsident in den Parlamentsferien nicht mehr eigenständig Gesetze erlassen kann, welche später den Parlamentskammern lediglich zur Billigung vorgelegt müssen
c) Übertragung der Befehlsgewalt über die Armee auf den Verteidigungsminister und nicht wie bisher gem. Art. 44 der tunesischen Verfassung auf den Präsidenten
d) Stärkung der legislativen Befugnisse/ Etablierung eines Verfassungsartikels hinsichtlich eines konstruktiven Misstrauensvotums
– Freilassung sämtlicher politischer Gefangene (auch Islamisten, die noch keine Morde begangen haben). Diese sollen vom Staat im Rahmen eines Fonds zur Rehabilitierung und Sozialisierung betreut werden
– Einsetzung einer unabhängigen Kommission zur Aufdeckung von ins Ausland gebrachten Steuergeldern
– Gründung einer politischen Stiftung zur Förderung der freiheitlich demokratischen Grundordnung in Tunesien, welche den Namen „Mohamed Bouaziz Stiftung“ tragen soll.

Der Kontakt mit meiner Familie in Tunesien – mit Bloggern und Journalisten aus dem In- und Ausland – verdeutlichen mir, dass sich Tunesien auf dem richtigen Weg befindet. Der Zuspruch von Usern aus Südafrika und Deutschland zeigt mir darüberhinaus, dass das tunesische Volk richtig gehandelt hat. Diesen Kurs darf Tunesien nicht aufs Spiel setzen. Auch in Südafrika hinsichtlich der Überwindung der Apartheid und auf dem Gebiet der ehemaligen DDR, im vereinten Deutschland, fanden die Völker den Mut zum Protest für Selbstbestimmung, Freiheit und Demokratie.
Wie sagte mal der französische Philosoph und Aufklärer Denis Diderot:
„Kein Mensch hat von Natur aus das Recht, über andere zu herrschen.“

In Gedanken bei den getöteten Demonstranten und ihren Familien, im Kampf für Freiheit und Demokratie

Dipl.-Pol. Ghassan Abid
Deutsch-tunesischer Diplom-Politikwissenschaftler und
Chefredakteur von „SÜDAFRIKA – Land der Kontraste“
Homepage: http://2010sdafrika.wordpress.com/
Dieser Brief findet sich:
http://2010sdafrika.wordpress.com/2011/01/14/offener-brief-an-die-tunesische-nation/

Le cas tunisien

Am Tag des tunesischen Neubeginns wurde auf der Website von Venance Konan, einem der mutigsten Journalisten der Elfenbeinküste, folgender Beitrag veröffentlicht:

LE CAS TUNISIEN

15/01/2011 17:50:00 Vincent Tohbi

Ben Ali est parti. En fuite. Même pas sur la pointe des pieds. Ses fidèles alliés occidentaux, la France et l’Italie en tête, ont refusé de lui accorder l’asile et le refuge que le plus vulgaire des Africains peut recevoir quand il se présente aux portes de l’Europe. Ben Ali a essayé plusieurs portes avant d’échouer enfin chez ses frères de l’Arabie Saoudite. Il est devenu un paria en 24 heures seulement.

Comme le Héros national de chez nous en Côte d’Ivoire, Ben Ali se targuait d’avoir l’armée de son côté. Ben Ali s’enorgueillissait d’avoir toute l’élite politique, comme l’autre. Il se prévalait d’un amour national sans pareil, comme l’autre. Il était à son 5è mandat et complétait ses 22 ans de pouvoir, le double de l’autre. Il avait muselé la presse et l’Opposition, comme l’autre. Il a fait main basse sur les médias d’Etat, comme l’autre. Il persécutait par ses élites policières ceux qui n’étaient pas de son bord, comme l’autre. Sa famille et ses proches étaient bien assis sur l’économie nationale et les réseaux d’affaires, comme l’autre. Il croyait avoir le monde à ses pieds, comme l’autre.

Et puis, une brise, toute petite, a soufflé, il n’a pas voulu se mettre à l’abri. La brise s’est transformée en bourrasque puis en tempête qui l’a emportée. L’Armée qu’il croyait lui être fidèle depuis 23 ans a changé de camp en une fraction de seconde quand elle a vu changer la direction du vent, afin de ne pas perdre ses privilèges et faire face à une population furieuse. La police d’élite qui a bastonné et tué les manifestants aux mains nues est aujourd’hui du côté de cette population. L’élite politique gâtée par les privilèges et roulant carrosse dans le pays et ayant suffisamment mis de côté pour des générations à venir s’est rangée du bon côté, celui du peuple.

Il n’a fallu que quelques heures pour que se défigure, se déconfigure et se reconfigure tout l’espace politique et social. La peur a changé de camp. Les oppresseurs feront profil bas et allégeance aussi vite et aussi servilement qu’ils l’ont fait à Ben Ali. Le Premier Ministre, l’allié fidèle a pris les rênes et l’on doute fort qu’il y eût pu avoir une entente tacite et une révolution de palais. Avant d’être lui-même débouté par le Conseil Constitutionnel. Encore un autre. Le pouvoir échoit provisoirement au Président de l’Assemblée Nationale, pour le moment en tout cas et si la colère du peuple se calme, puisque tout cet establishment politique appartient à le même sève nourricière, la clique qui a pris le pouvoir en 1988.

Ben Ali est parti, profil bas, comme Bourguiba avant et comme tout dirigeant qui ne voit ni ne lit les signes du temps. Un pouvoir n’est jamais suffisamment fort pour être toujours fort. Le pouvoir corrompt et l’usure de temps érode la capacité d’analyse et d’appréciation des évènements. Tel est le destin de qui s’agrippe au pouvoir.

Tandja (au Niger -ndlr) avait fait de même. Il était sourd à tous les appels internationaux. Exclu de la CEDEAO et des instances régionales, il n’avait cure des récriminations des opinions africaines. Il a augmenté les soldes des militaires, les a re-gradés, mais il n’a pas résisté. Cette même Armée à qui il a accordé tant de privilèges l’a balayé, en un rien de temps. Autant de Dadis Camara en Guinée.

En plein 21è siècle, Ben Ali, fort d’une économie solide, se permettait encore de bâillonner la presse, jusqu’à bloquer internet et incarcérer les blogueurs et libres-penseurs. La prison était devenue la seconde maison des Opposants, l’exil leur refuge et leur liberté. La Tunisie moderne ramait à contre-courant des libertés. Mais le pouvoir n’y voyait que du bonheur.

Puis, un évènement, presque banal, un anonyme diplômé chômeur, dérouté, humilié par la police municipale, dépossédé de son maigre bien sa charrette (nous dirions ici son pousse-pousse) et sa balance dont il se sert pour vendre ses fruits et légumes et qui part s’immoler au feu en public par désespoir. Une bûchette d’allumette pour mettre fin à sa propre vie, laquelle bûchette se transforme en brasier géant de la Nation et qui redonne une seconde indépendance et un espoir de bonheur à tout le peuple tunisien. Une vie pour toute une Nation. Un sacrifice de désespoir et d’amour.

Un peu comme si un de nos nombreux diplômés gérants de cabines ou plutôt de tablettes téléphoniques décidait que trop c’en était trop et mettait fin à sa vie.

Les rafales de l’Armée et les salves de la Police ont fait tomber des dizaines de civils manifestant aux mains nues. L’actualité nous dira combien ils sont ces Tunisiens qui ont perdu la vie dans ce déchaînement de violence et dans cette démonstration de colère.

La goutte innocente d’eau qui tombe continuellement finit toujours par percer la roche la plus dure. Exit Ben Ali. Dans la honte et peut-être dans le dénuement. Des procès suivront. Les Juges seront les amis d’hier. Implacables, ils renieront l’alliance et l’amitié et ils condamneront à vie, à perpétuité, aux galères, à mort, comme ils l’ont fait à ceux qui réclamaient plus de liberté. Ils saisiront les biens, déposséderont des immenses propriétés, traqueront les fortunes et assigneront à résidence. Ils feront arrêter les têtes fortes d’hier, les responsables de la sécurité, les gourous. C’est le schéma classique des révolutions modernes.

Les leçons : deux déterminations antagonistes sont la clé de la liberté. L’entêtement d’un pouvoir d’une part et la détermination du peuple de l’autre. Si nous invoquons la peur pour nous terrer, si nous sommes accrochés à nos privilèges du moment, nous serons asservis pour longtemps. Lorsque nous intellectuels, nous nous cachons, que nous réprimons nos sentiments, que nous espérons que le petit peuple offre ses flancs au bal, et que nous critiquons mollement sous le couvert d’anonymats aussi ridicules que puériles, nous apportons de l’eau au moulin de nos oppresseurs. Nous aveuglons notre peuple.

Mais comme en Tunisie, la vérité finira bien par éclater un jour. Les bris des éclats seront aussi dangereux que les impacts des comètes pour un nouvel univers, au autre Big-Bang.

Toute ressemblance avec des lieux, des faits et des personnes dans ce texte n’est que fortuite….ne me croyez pas.

15 Janvier 2011

VINCENT TOHBI IRIE

Quelle: venancekonan.com/aspx/mes-ecrit/contributions/3317-CAS-TUNISIEN.html

Hoffen wir, dass das tunesische Beispiel andere Menschen an anderen Orten aufweckt – und zwar bald!
Der junge Mohamed Bouazizi in Sidi Bouzid ist schonmal nicht umsonst gestorben – vielleicht bricht sich die Wahrheit ja in der Elfenbeinküste bald auch Bahn, und somit würden weitere unnötige Tote verhindert..

Chère Françafrique!

Publié le vendredi 31 décembre 2010   |  Autre presse

Chère Françafrique!

Par Venance Konan

Jusqu’à ce jour en Afrique, tous les maux de la société sont toujours attribués à un sorcier ou une sorcière. Un homme meurt-il, dans un accident de voiture par exemple, on trouvera un sorcier à qui attribuer le décès. En 2007, après la cérémonie de la « flamme de la paix » à Bouaké, un leader de la FESCI, ce syndicat estudiantin qui soutient aveuglément Laurent Gbagbo trouva la mort dans un accident de la route en faisant un dépassement dangereux. Le jour de son enterrement, ses camarades étudiants incendièrent les cases de quelques vieilles personnes de son village qu’ils accusaient d’être les sorciers responsables de sa mort.

Cette mentalité anime encore bon nombre d’intellectuels africains et panafricanistes installés bien au chaud (façon de parler en ce moment) en France.Pour toute chose, il faut chercher le coupable ailleurs. Et pour eux, tout ce qui arrive de négatif en Afrique est le fait de la France ou de son excroissance, la Françafrique. C’est elle, notre sorcier. Ainsi, la crise post-électorale qui secoue en ce moment la Côte d’Ivoire serait la faute à la France ou à la Françafrique. Chère Françafrique ! Que serions-nous devenus, nous intellectuels africains et panafricanistes, si tu n’avais pas existé pour nous dédouaner de toute responsabilité dans nos malheurs. Laurent Gbagbo et Blé Goudé sont ainsi présentés par nos chers intellectuels africains et panafricanistes de Paris comme de preux chevaliers qui se battent pour délivrer leur pays, voire tout le continent, des griffes de la vilaine Françafrique. Des rives enneigées de la Seine, personne parmi eux n’a remarqué que Laurent Gbagbo a cédé toute l’économie de son pays aux multinationales, surtout françaises, et qu’en dix ans de règne, il n’a formé aucun cadre susceptible de créer ou de diriger la moindre entreprise, puisqu’il a laissé la FESCI tuer tout le système éducatif en y pratiquant le racket, le viol, le meurtre. Personne n’a remarqué la formidable prédation à laquelle s’est livré son régime sur l’économie ivoirienne et la corruption que ce régime a secrété, gangrénant toute la société ivoirienne. Personne là-bas n’a remarqué que Blé Goudé a triché pour obtenir sa licence, qu’il est le chef des « Jeunes patriotes » qui se sont surtout signalés par leur aptitude à racketter, à violer, et à tuer, et que ce Blé Goudé, aujourd’hui nommé ministre par Gbagbo, est sous sanctions de l’ONU pour tous ces motifs. Loin de moi l’idée d’excuser les mêmes crimes commis par la rébellion et que je n’ai jamais cessé de dénoncer, mais un crime n’excuse pas l’autre. Et personne là-bas n’a remarqué la liberté de la presse bâillonnée, les messages de haine délivrés par la radio télévision nationale et la presse proche de Laurent Gbagbo, les ressortissants étrangers quotidiennement menacés. Non ! Laurent Gbagbo est un grand combattant de la liberté !
Trêve de balivernes. Ce qui se passe en Côte d’Ivoire en ce moment est tout simplement une tentative de braquage de la démocratie. Les Ivoiriens ont voté et ont dans leur grande majorité donné leurs voix à Alassane Ouattara. Et Laurent Gbagbo qui proclame urbi et orbi que son pouvoir lui vient de Dieu ne veut pas le lâcher.

Nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris nous parlent d’ingérence de la communauté internationale dans les affaires d’un pays africain, du droit qui a été dit par le Conseil constitutionnel, de trucages des scrutins dans le nord de la Côte d’Ivoire, de pressions des rebelles des Forces nouvelles.

Sans doute que dans le confort dans lequel ils vivent à Paris, ils n’ont pas remarqué qu’en 2005, ce sont les leaders politiques ivoiriens, avec à leur tête le président de la république d’alors, Laurent Gbagbo, qui ont demandé à l’ONU de venir certifier tout le processus électoral ivoirien. Et chaque étape du processus a dû être validée par l’Onu avant que l’on ne passe à la suivante. On se souvient tous, pour ceux qui veulent s’en souvenir, qu’en février dernier, Laurent Gbagbo avait dissout la Commission Electorale Indépendante et obtenu des modifications dans sa composition, ainsi qu’un nouveau président. On se souvient que l’enrôlement sur les listes électorales avait été l’objet de plusieurs blocages et reports, pour satisfaire les désirs de Laurent Gbagbo. Je vous épargne toutes les péripéties des audiences foraines où le sang avait même coulé. Nous avons mis cinq ans pour arriver à ce que M. Laurent Gbagbo convoque le collège électoral au scrutin. Entre temps, il avait signé l’accord politique de Ouagadougou et ses différents ajouts, avec M. Guillaume Soro qu’il a présenté avant l’élection comme le meilleur des ses différents Premiers ministres. C’est cette communauté internationale, aujourd’hui vouée aux gémonies, qui avait financé tout ce processus. Et c’est lorsqu’elle a validé la liste électorale qu’on est allée à l’élection. Personne à cette époque n’avait parlé d’ingérence étrangère et de souveraineté nationale bafouée. Nous sommes allés au premier tour du scrutin, avec toujours les rebelles armés au nord. Personne, ni ici, ni ailleurs n’y avait trouvé à redire. Les résultats qui plaçaient M. Gbagbo en tête ont été acceptés par tous, après la certification du représentant de l’ONU. Et dans les attendus du décret signé par M. Gbagbo pour convoquer les Ivoiriens au second tour, il est bien mentionné « vue la certification des résultats du premier tour par le Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU… » Je vous rappelle que M. Gbagbo avait instauré un couvre-feu sur toute l’étendue du territoire, sans avoir prévenu qui que ce soit, à la veille de ce second tour. Et il avait dépêché 1500 soldats dans les zones occupées par la rébellion. A l’issue du scrutin, personne, parmi les personnes présentes sur place et habilitées à rendre compte de la manière dont les opérations se sont déroulées, à savoir les préfets et sous-préfets nommés par Laurent Gbagbo, les observateurs de l’ONUCI, de l’Union européenne, de l’Union africaine, de la CEDEAO, du Centre Carter, les journaliste présents, et Dieu seul sait combien ils étaient nombreux, personne n’a signalé d’incidents majeurs ayant entaché la sincérité du scrutin. On ne nous a signalé aucun incident entre les soldats envoyés pas Gbagbo et les Forces nouvelles. On est d’accord ? Et voici qu’à peine le président de la CEI a-t-il donné les résultats provisoires que le président du conseil constitutionnel se précipite sur le plateau de la télévision pour annoncer que ce que le président de la CEI a dit est nul et non avenu, parce que des résultats seront annulés. Et quelques heures plus tard, sans que l’on sache ni comment, ni quand il a enquêté, il annule d’un trait les résultats de tous les départements du nord en y ajoutant Bouaké qui est au centre, qui ont massivement voté pour M. Ouattara. Vous ne trouvez pas cela un peu gros, amis intellectuels africains et panafricanistes de Paris ? Mais ce qui est absolument inacceptable dans l’attitude du Conseil constitutionnel est qu’il a pris sa décision totalement en dehors du droit. La loi ivoirienne dit très précisément ceci : « dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection et notifie sa décision à la Commission électorale indépendante qui en informe le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et le Représentant du Facilitateur à toutes fins utiles. La date du nouveau scrutin est fixée par décret pris en conseil des ministres sur proposition de la CEI. Le scrutin a lieu au plus tard 45 jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel. » Qu’est ce qui est ambigu dans ce texte ? Qu’est-ce qui est sujet à interprétation ? On pourrait peut-être pinailler sur la question de savoir qui du Conseil constitutionnel ou du Représentant du Secrétaire général de l’ONU a le dernier mot. Mais rien, absolument rien, dans le droit ivoirien n’autorise le Conseil constitutionnel à annuler les résultats du scrutin d’une région, de manière à inverser les résultats provisoires. Je voudrais que nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris m’indiquent ce qui en droit pourrait autoriser le Conseil constitutionnel à violer ainsi la loi dont il est le gardien. Le Conseil constitutionnel ivoirien a tout simplement inventé ici le droit. Or il n’est pas le législateur. Son rôle est de dire tout simplement le droit, et rien que le droit.

Aussi, lorsque j’entends ou lis nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris s’arcbouter sur le fait que le Conseil constitutionnel a le dernier mot, sans dire que ce Conseil a tout dit sauf le droit, je dis qu’il sont tout simplement malhonnêtes. Se rendent-ils compte de ce qu’ils défendent ? La Côte d’Ivoire est entrée dans cette période de turbulence qui a débouché sur une rébellion armée parce qu’à un moment donné, les ressortissants du nord de ce pays avaient été suspectés de n’être pas totalement ivoiriens. Après une dizaine d’années de tumulte, après plusieurs reports dus à la suspicion et dans le souci d’éviter toutes contestations ultérieures, des élections libres et transparentes se sont déroulées, sous le regard du monde entier. Elles ont été les plus coûteuses au monde. Les Ivoiriens tenaient tellement à sortir de cette crise qu’ils ont accepté sans broncher qu’Adama Dolo, dit Dahico, humoriste de son état, qui avait été naturalisé depuis moins de cinq ans, soit candidat, par la seule volonté de Laurent Gbagbo, en violation de la constitution. Et le monde entier a constaté le très fort taux de participation qui était un record mondial. Et voici que le Conseil constitutionnel, sans aucune base juridique, raye d’un trait les votes de toutes les régions du nord. Il leur dénie ainsi tout simplement leur citoyenneté ivoirienne, ce que l’ivoirité tant décriée n’avait pas osé faire. Se rendent-ils compte, ces intellectuels africains et panafricaniste parisiens qu’en défendant cela, et si par hasard une telle forfaiture devrait prospérer, ils cautionneraient ainsi la future guerre civile qui dévasterait la Côte d’Ivoire ? C’est cela leur panafricanisme ? S’en rendent-ils compte ? La question ici n’est pas de soutenir tel candidat contre tel autre. Il s’agit de défendre la démocratie. Les Ivoiriens ont voté, ils ont clairement exprimé leur vote, et Laurent Gbagbo veut confisquer leur volonté. Il n’y a pas de France ou de Françafrique dans cette affaire. Chercher des poux dans les cheveux de la France, c’est chercher à accuser un sorcier lorsqu’un homme ivre se tue au volant de sa voiture. Nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris ont presque tous fui leurs pays respectifs pour cause de déficit démocratique et d’absence de liberté. C’est en tout cas ce que la plupart d’entre eux disent. Nous autres qui avons fait le choix de continuer de vivre sur le continent malgré tout, nous avons toujours rêvé de voir nos pays devenir aussi démocratiques qu’ailleurs. Nous nous sommes toujours battus pour cela, avec la conviction que notre état actuel n’est pas une fatalité. Ce que l’on a toujours reproché à la France et à son excroissance la françafrique, c’est d’avoir maintes fois piétiné les désirs démocratiques des peuples africains et de leur avoir imposé des dirigeants corrompus. Et voici qu’un peuple africain, celui de Côte d’Ivoire, a pu choisir librement, pour la première fois de son histoire, celui qu’il veut comme dirigeant. Et un dictateur aux petits pieds veut tuer cette démocratie naissante en massacrant tous ceux qui dans son pays s’opposent à lui. Toute la communauté internationale dit « non » à ce hold-up. Et ce sont nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris qui, aujourd’hui, prennent la défense de cet assassin, aux côtés des Vergès, Dumas, et autres barons de l’extrême droite française ? Pincez-moi, je rêve ! Et ils ne disent pas un seul mot sur les centaines de personnes que Gbagbo et ses mercenaires tuent tous les jours ! C’est vrai que Paris est loin et ils n’entendent pas les crépitements de mitraillettes, les cris des personnes que l’on enlève, que l’on torture, les bruits des casseroles sur lesquelles les femmes tapent dans tous les quartiers où l’on ne dort plus, pour signaler l’arrivée des tueurs, dérisoires défenses contre le silence des intellectuels africains et panafricanistes de Paris. Non, vous n’entendez pas, et vous direz comme Blé Goudé, que ce sont des rumeurs, ou comme Laurent Gbagbo, que c’est encore un complot de la communauté internationale. Mais moi je vis à Abidjan et chaque nuit, je me couche avec la peur au ventre, et, pendant les nuits de couvre-feu, j’ai entendu durant des heures les tirs des miliciens et mercenaires de Gbagbo. J’ai moi aussi, fait le compte de mes connaissances tuées, torturées ou disparues. Je ne sais pas quand mon tour arrivera, parce que je suis dans leur collimateur. De grâce, que ceux qui ne peuvent rien pour nous aient au moins la décence de se taire.

Venance Konan
Email : venancekonan@yahoo.fr
Site web : http://www.venancekonan.com

Elfenbeinküste

Unglaublich, was dort zur Zeit passiert! Unter den vielen Veröffentlichungen im Netz sind mir besonders die offenen Briefe von Venance Konan, einem ivorischen Schriftsteller, aufgefallen.

Einer wurde schon vom Afrika-Korrespondenten der taz übersetzt. Der zweite ist noch auf französisch.
Andreas, ich war lange nicht mehr hier, hast Du das schon erledigt?

taz 22.12.2010

Die Nacht der Hyänen

Wie kann es sein, dass einstige Kämpfer für Demokratie heute die Diktatur Laurent Gbagbos unterstützen? Ein Brandbrief eines ivorischen Intellektuellen an Gbagbos Sprecherin Jacqueline Oble. VON VENANCE KONAN

Trat als unabhängige Kandidatin an, jetzt ist sie Gbagbos Sprecherin: Jacqueline Lohoues Oble. Foto: reuters
Die Nacht ist gefallen. Und ich höre das fiese Gelächter der Hyänen, übelriechend, herumstreunend, die Zähne gebleckt, auf der Suche nach Aas.
Die Nacht ist über die Elfenbeinküste gefallen. Laurent Gbagbo hat seine liberianischen und angolanischen Killer von der Leine gelassen. Nichts zieht sie so an wie der Geruch von Blut und das Versprechen von Beute, von Vergewaltigung, von Plünderung. Und ich höre seine Wachhunde, wie sie gegen die gesamte Welt bellen und alle verdammen, die nicht auf ihrer Seite stehen. « Gott ist mit uns », stoßen sie hervor. Gott? Oder der Teufel?
Die Nacht ist über unsere Elfenbeinküste gefallen. Die Nacht der langen Messer? Oder die Nacht des befreienden Opfers? Die Hyänen streunen herum. Aber die Jäger sind auf der Pirsch. Hören sie sie kommen? Es kümmert sie nicht. Sie brauchen Aas. Sie wissen, dass Menschen gefallen sind. Zu feige, um sich lebende Ziele zu suchen, bevorzugen sie Leichen. Zu beschäftigt mit dem Zerreißen des Fleisches, dem Zerknacken der Knochen, hören sie nicht, wie die Jäger sich nähern.
Laurent Gbagbo hat seine Milizen und Söldner von der Leine gelassen. Hörst du sie nicht, Jacqueline? Jacqueline Lohoues Oble, hörst du nicht die Schüsse, die durch unsere Nächte peitschen, das Wimmern der verwundeten Körper, die sich auf der Erde wälzen, das hysterische Schreien der Mütter, die ihre toten Kinder beweinen? Nein, Jacqueline, du bist Laurent Gbagbos Sprecherin, aber du hast nichts gehört. Du hast nichts gesehen. Die jungen Leute, die in Abobo und Adjamé getötet wurden, die in Bassam von der Polizei verschleppt wurden; die Frauen aus dieser Stadt, von der Soldateska verprügelt und nackt ausgezogen. Jacqueline, welchen Pakt hast du mit Laurent Gbagbo besiegelt, um auf diese kranke Rolle reduziert zu werden?
Du warst die erste Juraprofessorin in ganz Afrika südlich der Sahara, Jacqueline. Du warst die Doyenne der juristischen Fakultät von Abidjan. Du warst Justizministerin zu den Zeiten von Houphouet-Boigny. Nun lässt du dich herab, in eine Phantomregierung einzutreten, gemeinsam mit einem Blé Goudé, der sein Diplom erschwindelt hat und von der UNO wegen Mordes und Vergewaltigung mit Sanktionen belegt wurde?

Vénance Konan, geb. 1958, ist Journalist und Schriftsteller aus der Elfenbeinküste. 2003 veröffentlichte er den Bestsellerroman « Les prisonniers de la haine ». Im Januar 2011 veröffentlicht er im Verlag Marcel Favre (Schweiz) sein neues Buch « Chroniques afro-sarcastiques: 50 ans d’indépendance, tu parles! » Foto: privat
Was ist mit dir passiert, Jacqueline? Sag mir bloß nicht, dass du Laurent Gbagbo bewunderst. Laurent Gbagbo, der Prahlerei zur Staatskunst erhoben hat, der seine Studentengewerkschaftler das Schulsystem hat zerstören lassen, der auf Demonstrationen der Bevölkerung immer mit scharfer Munition antwortet, der die Korruption Besitz von der gesamten Gesellschaft hat ergreifen lassen. Nein, Jacqueline, sag mir bloß nicht, du seist stolz darauf, was Laurent Gbagbo aus unserem Land gemacht hat!
Wir haben dich einst bewundert, zum Beispiel als du 1998 von deinem Mandat in der Nationalversammlung zurücktratest, oder als du zur Präsidentschaftswahl kandidiertest. Wir haben dich unterstützt, als die alten rückschrittlichen Machos aus deiner Heimat dir sagten, die Präsidentschaft sei nichts für eine Frau. Wir waren von deinen Reden begeistert. Und nun redest du für den Totengräber der Demokratie? Jacqueline!
Du bist Juristin. Du sagst, das Verfassungsgericht habe das letzte Wort bei unseren Wahlen, und da er Laurent Gbagbo zum Wahlsieger erklärt hat, muß man ihn als solchen anerkennen. Aber wenn das Verfassungsgericht das letzte Wort hat, dann um Recht zu sprechen, nicht um es zu beugen. Was sagst du denn zu Artikel 64 des ivorischen Wahlgesetzes, wonach im Falle der Feststellung schwerer Unregelmäßigkeiten, die die Regelmäßigkeit des Wahlgangs beeinflussen und das Gesamtergebnis in Frage stellen, die Wahl annulliert werden muss und die Regierung auf Vorschlag der Wahlkommission einen neuen Wahltermin innerhalb von 45 Tagen ansetzen muss?
Wenn Verfassungsgerichtspräsident Yao-Ndré, wie er behauptet, schwere Unregelmäßigkeiten in sieben Departements feststellt, und dass diese das Gesamtergebnis verfälscht hätten, warum hat er nicht das Recht angewandt und die Wahl insgesamt annulliert, wie es das Gesetz vorschreibt? Und warum hat Gbagbo akzeptiert, dass die Wahl in letzter Instanz von der UNO gebilligt werden muss, wenn ihm das Wort Yao-Ndrés genügt?
Wieso duldest du diese Schmierenkomödie, Jacqueline? Um einen Ministerposten in einer Regierung zu ergattern, die die Mehrheit der Ivorer ablehnt, die im Ausland niemand anerkennt, die die Presse knebelt, die liberianische und angolanische Söldner ins Land holt, um jeden Tag und jede Nacht Ivorer zu töten und unsere Frauen zu vergewaltigen? Du, Jacqueline, bittest nun die UNO und die Franzosen, ihre Truppen abzuziehen, um die Bevölkerung schutzlos den Zähnen der Hyänen zu überlassen. Und du wirst wahrscheinlich die Hymne der gebeutelten Souveränität und des internationalen Komplotts gegen dein Land ertönen lassen. Was für eine Schande!
Du siehst nicht, dass die Nacht über die Elfenbeinküste gefallen ist. Du siehst nicht, dass man dabei ist, die Demokratie zu töten, und dass sie um Hilfe ruft. Du siehst nicht, dass in unserem Land die schlimmste aller Diktaturen im Begriff ist, sich zu installieren. Kannst du wirklich ruhig schlafen? Nein, ich glaube das nicht. Man zwingt dich zu singen, Jacqueline. Sag es uns. Sag uns, dass du es nicht freiwillig machst. Gib bitte nicht jenen recht, die sagen, Afrikas Unglück seien seine Intellektuellen, die das Füllen ihres eigenen Bauchs über die Interessen ihrer Länder stellen. Es ist noch Zeit, dass du dich eines Besseren besinnst und dich den Kämpfern für Demokratie anschließt.
Denn der Tag wird kommen, das weißt du. Die gefräßigen Hyänen, denen das Blut von den Zähnen tropft, verstecken sich vor dem Tageslicht. Werden sie dafür Zeit haben? Ich bezweifle es. Sie hören nicht, wie die Jäger kommen, während sie sich ihrem Festschmaus hingeben. Die Jäger des Internationalen Strafgerichtshofs werden die stinkenden Hyänen bis in ihre dreckigen Höhlen verfolgen. Du weißt das, Jacqueline. Du bist Juristin. Wo wirst du sein, wenn die Jäger kommen? – (Übersetzt von Dominic Johnson)